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Dimanche 5 juillet 2009 7 05 /07 /Juil /2009 18:36

SOURCE: PRESSE-OCEAN

« On nous traite comme du bétail »


Djoumoi Alhadhur, Abdou Radjabou et Mohamed Ali participeront à la cérémonie religieuse cet après-midi aux Dervallières.
 

Une cérémonie religieuse est organisée cet après-midi, aux Dervallières, à la mémoire des 152 victimes.

NANTES

 

Le téléphone a sonné au milieu de la nuit, mardi. Il était 3 h ou 4 h du matin. Nos familles aux Comores voulaient savoir qui était dans l'avion », témoignent Djoumoi Alhadhur, Abdou Radjabou et Mohamed Ali. « Nous avons tous des proches parmi les 152 victimes de ce crash. » Un « ami d'enfance », une « tante avec les trois neveux et nièces... » « Les Comores comptent 800 000 habitants. Tout le monde se connaît. »


La communauté nantaise, environ 400 personnes, organise une cérémonie religieuse aujourd'hui. « Elle est ouverte à tous. 
»


« En surcharge »


Les Comoriens suivent l'enquête avec amertume, angoisse et colère. « Nous avons tous pris cet avion de Yemenia. Il assurait une ligne régulière aux Comores. Je me souviens d'avoir volé en surcharge. On nous demandait de prendre les enfants sur les genoux pour libérer des sièges et embarquer plus de passagers », assure Djoumoi. « On nous traitait comme du bétail, estime Mohamed avec reproche. À bord, nous étions méprisés par la compagnie yéménite. Nous avons le sentiment d'un «avion poubelle», pourri. C'est comme cela depuis dix ans. Les Comoriens crachent aujourd'hui leur colère. » « Pourquoi n'y a-t-il pas de vol direct depuis la France, interroge encore Mohamed. Pourquoi devons nous changer d'avion à Sanaa, au Yémen ? Le gouvernement comorien n'a rien fait pour améliorer cette situation. »


« Purement mercantile »


Le billet pour Moroni, aux Comores, coûte près de 1 400 €. « Yemenia a souvent été la seule compagnie à desservir l'île. Tout cela est purement mercantile. Le tourisme est peu développé : nous n'avons pas de ligne comme à la Réunion. Pourtant, il y avait 66 Français à bord de l'A310, et 75 Comoriens qui vivaient en France mais avaient conservé leur nationalité. Nous voulons être traités sur un pied d'égalité. » Ils demandent à l'État français tous les moyens possibles pour tenter de retrouver les victimes, l'avion, ses boîtes noires. « L'île est en deuil. Les fêtes pour la célébration de l'indépendance, les mariages, les anniversaires... Tout est annulé. Nous faisons de même en France. »


Emmanuel Vautier


Cérémonie ce dimanche à 14 h 30, à la maison de quartier des Dervallières, rue Auguste-Renoir.

Une revendication : « Nous demandons à être traités sur un pied d'égalité »

 

Par Presse-Océan
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